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Dans la solennité feutrée de la salle Professeur Gbéassor, à la Présidence de l’Université de Lomé, un nouveau chapitre de la coopération universitaire entre le Togo et la France s’est écrit le 29 janvier 2026. En apposant leurs signatures au bas d’une convention spécifique de coopération, l’Université de Lomé (UL) et l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) ont choisi de franchir un cap décisif : structurer, intensifier et sécuriser les mobilités académiques entre leurs communautés respectives.
Derrière le protocole, l’enjeu est stratégique. Depuis près d’une décennie, les deux institutions avancent côte à côte, pierre après pierre. Cette collaboration, déjà marquée par la réussite d’un master conjoint en Informatique, a permis de former des ingénieurs et de tisser des liens scientifiques durables. Mais l’accord signé jeudi ne se contente pas de prolonger l’existant ; il en redéfinit l’ampleur. « Ce n’est pas la première convention », a rappelé le professeur Ghislain Montavon, directeur de l’UTBM, soulignant la volonté commune d’encadrer plus finement des mobilités devenues plus nombreuses et plus ambitieuses. À ses côtés, le professeur Kossivi Hounake, président de l’UL, a salué « une autre étape franchie » après dix années d’efforts conjoints au service de la formation d’ingénieurs compétents pour le développement du Togo.

Concrètement, la convention, conclue pour cinq ans renouvelables, établit un dispositif clair pour trois grandes dynamiques de mobilité. Les étudiants en licence, master et cycle ingénieur pourront désormais effectuer un semestre d’études dans l’établissement partenaire avec la garantie d’un transfert de crédits ECTS, gage de reconnaissance académique et de fluidité dans les parcours. Génie civil, génie électrique, informatique, mécanique, énergies renouvelables, matériaux avancés : les disciplines concernées traduisent l’ambition technologique et industrielle de ce partenariat.

Au-delà des semestres d’études, l’accord ouvre largement la voie aux stages académiques et de fin d’études dans les laboratoires et services des deux universités. Il inclut également le Pôle Universitaire d’Innovation et de Technologie « UniPod Togo : PUIT », véritable incubateur de projets entrepreneuriaux, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agroalimentaire et de l’audiovisuel. Symbole fort de cette dynamique, une première mobilité Nord-Sud prendra effet dès mai prochain, avec l’accueil à Lomé d’étudiants ingénieurs de l’UTBM pour un stage terminal de six mois. Un signal fort qui illustre l’équilibre et la réciprocité recherchés.
La mobilité ne se limitera pas aux étudiants. Enseignants-chercheurs, doctorants et techniciens bénéficieront également de séjours scientifiques pour développer des projets communs, approfondir des travaux de thèse ou renforcer leurs compétences techniques. L’exonération des frais d’inscription pour les étudiants en mobilité et la mise en place d’un comité stratégique de suivi traduisent la volonté de garantir un cadre stable, rigoureux et durable.
Au-delà des clauses juridiques, c’est une vision partagée qui se dessine : celle d’universités africaines et européennes capables de co-construire des savoirs, de stimuler l’innovation et de former des talents ouverts sur le monde. En consolidant leur alliance, l’Université de Lomé et l’UTBM affirment qu’à l’ère de la mondialisation des connaissances, l’excellence se bâtit dans la coopération, la confiance et l’audace.
Par César S.








































































