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A Adétikopé, les grues ne dorment plus et les ambitions prennent forme. Au cœur de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), le textile togolais est en train d’écrire un nouveau chapitre de son histoire. Deux entreprises, Novarea Textile et Togo Apparel Source (TAS), viennent d’y confirmer leur implantation, insufflant une dynamique supplémentaire à un écosystème industriel déjà en pleine expansion. À la clé : près de 1 800 emplois directs attendus et un signal fort envoyé aux investisseurs comme à la jeunesse togolaise.
L’annonce n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale assumée : transformer localement, créer de la valeur ajoutée et faire du Togo un pôle industriel crédible en Afrique de l’Ouest. Les activités de production des deux nouvelles unités sont prévues pour la fin du premier trimestre 2026. À terme, ce sont des centaines de machines, des chaînes de confection et des flux logistiques qui viendront renforcer la vocation textile de la PIA.
Dotée d’infrastructures modernes et de services intégrés, connectée au port autonome de Lomé, la plateforme offre un environnement compétitif taillé pour les industries à forte intensité de main-d’œuvre. Le textile et l’habillement, secteurs stratégiques dans la perspective des marchés d’exportation et des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), y trouvent un terreau favorable. L’arrivée de Novarea Textile et de TAS confirme ainsi l’attractivité croissante du site, désormais perçu comme un hub industriel régional.
Mais derrière les chiffres et les investissements, une autre transformation est en marche : celle du capital humain. Car industrialiser, c’est aussi former. Consciente de cet enjeu, la PIA renforce ses passerelles avec le monde académique. Le 12 janvier dernier, une délégation de l’Université de Kara, conduite par sa présidente, la Professeure Prenam Houzou-Mouzou, s’est rendue sur le site d’Adétikopé.

Objectif : rapprocher l’université des réalités du terrain et adapter les cursus aux besoins concrets des entreprises.
Accueillie par le Lieutenant-Colonel Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, et par Tushar Khairnar, Président de la plateforme, la délégation a engagé des échanges approfondis sur les compétences recherchées dans les secteurs en pleine croissance : agro-transformation, textile, logistique, industries de transformation. L’idée est claire : identifier précisément les profils attendus et concevoir, si nécessaire, des formations « à la carte », en phase avec les exigences du tissu industriel.
« Il ne suffit plus de former des diplômés, il faut former des professionnels immédiatement opérationnels », a souligné la Professeure Houzou-Mouzou. Cette déclaration résume l’esprit du nouveau pacte entre l’université et la plateforme industrielle. Dans un contexte où l’employabilité des jeunes constitue une priorité nationale, l’université entend devenir un incubateur de talents, capable de répondre aux standards d’une économie productive en mutation.
La question des stages a occupé une place centrale dans les discussions. Les deux institutions ont convenu de renforcer les mécanismes d’encadrement et de suivi des étudiants en immersion professionnelle, afin de transformer ces périodes pratiques en véritables tremplins vers l’emploi. Pour les entreprises installées à la PIA, il s’agit d’un vivier stratégique de compétences locales ; pour les étudiants, d’une opportunité d’acquérir une expérience concrète au sein d’unités industrielles modernes.
Inaugurée le 6 juin 2021 sous l’impulsion du Président Faure Gnassingbé, la PIA s’impose progressivement comme un pilier de la stratégie industrielle togolaise. Près d’une vingtaine d’entreprises y sont déjà installées ou en cours d’implantation, dessinant les contours d’un pôle productif intégré. Textile, transformation agricole, logistique : les chaînes de valeur se structurent et s’articulent autour d’un même objectif, celui de diversifier l’économie nationale et de renforcer sa compétitivité.
Avec l’arrivée de Novarea Textile et de Togo Apparel Source, et le renforcement du partenariat avec l’Université de Kara, la PIA démontre que l’industrialisation ne se limite pas aux usines. Elle repose aussi sur l’intelligence collective, la formation et l’anticipation des besoins du marché. À Adétikopé, ce sont à la fois des machines qui s’installent et des talents qui se préparent.
Dans un continent en quête de modèles de développement endogène, le Togo semble ainsi tisser, fil après fil, la trame d’une économie plus résiliente et plus inclusive.
Par César S.








































































