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Lomé s’est offert, le temps d’une journée, le cœur battant de la coopération entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone. Pour la première fois, le Forum Royaume-Uni-Afrique francophone de l’Ouest et du Centre s’est tenu sur le continent, consacrant le Togo comme un carrefour stratégique incontournable du Commonwealth. Un symbole fort, que le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, n’a pas manqué de souligner dès l’ouverture du rendez-vous, placé sous le thème révélateur : « Le succès engendre le succès ».
Devant plus de 600 décideurs, investisseurs, diplomates et acteurs institutionnels venus de Londres et de plusieurs capitales africaines, le dirigeant togolais a revendiqué l’ambition d’une Afrique « ouverte, confiante et résolument tournée vers l’avenir ». Il a rappelé que le choix de Lomé ne doit rien au hasard : il traduit la confiance renouvelée d’un Commonwealth qui voit dans le Togo un partenaire stratégique, stable et modernisateur, capable d’incarner une Afrique qui ne se contente plus d’être un marché, mais devient un acteur à part entière du développement global.

Faure Gnassingbé a partagé avec ses hôtes cinq convictions qui dessinent les contours d’un partenariat repensé avec le Royaume-Uni. Au cœur de cette vision se trouve la volonté commune de dépasser le modèle classique de l’assistance pour basculer vers une logique d’investissement, de création de valeur et de complémentarité économique. L’Afrique francophone, a-t-il insisté, possède l’énergie de sa jeunesse, l’immensité de ses ressources et la richesse de son potentiel d’innovation. Le Royaume-Uni, lui, peut mettre sur la table son expertise, sa technologie et ses capitaux. Entre les deux, le Togo entend être le point de jonction où se noue une coopération gagnant-gagnant.
Le Président a longuement insisté sur le rôle stratégique des infrastructures, non plus comme de simples ouvrages, mais comme des leviers de souveraineté et de compétitivité. Qu’il s’agisse du port en eau profonde de Lomé, de la modernisation des corridors logistiques ou du développement des réseaux énergétiques et numériques, ces investissements doivent, selon lui, permettre aux entreprises africaines de produire davantage, de transformer localement et d’exporter plus loin. « Investir pour produire », a-t-il lancé, appelant les partenaires britanniques à privilégier les infrastructures productives, celles qui « transforment le béton en développement ».
Au-delà des grands investissements, Faure Gnassingbé a plaidé pour que la croissance africaine se construise à partir de la base. Les PME, les jeunes entrepreneurs et les femmes doivent occuper une place centrale dans les chaînes de valeur régionales et internationales. Ce dont elles ont besoin, a-t-il rappelé, ce ne sont pas d’aides ponctuelles mais de capitaux accessibles, de formations adaptées et de partenariats technologiques durables. « Investir dans les PME africaines aujourd’hui, c’est faire le pari le plus rentable sur l’avenir du continent », a-t-il assuré.
Le Président a également mis en avant deux piliers qu’il juge déterminants pour l’Afrique francophone : la transition énergétique et l’innovation numérique. Ces deux forces, selon lui, offrent au continent une opportunité de saut technologique sans précédent. Mais il rappelle que cette modernisation doit rester profondément humaine : chaque ferme solaire, chaque fintech, chaque ville intelligente doit être pensée comme un investissement dans l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes et la cohésion sociale.
Enfin, Faure Gnassingbé a martelé un message essentiel : l’intégration régionale n’est plus une option, mais la clé pour bâtir un véritable marché africain ouvert au monde. Les investissements britanniques ne seront durables que s’ils s’inscrivent dans des chaînes interconnectées, reliant marchés francophones et anglophones. Le corridor Lomé-Lagos-Accra-Abidjan, la ZLECAF et l’harmonisation des régulations doivent devenir les nouveaux moteurs d’une croissance partagée.
La cérémonie s’est conclue par la signature d’un protocole d’accord entre le Togo et le Royaume-Uni, ouvrant la voie à un renforcement de la coopération dans le numérique, l’agriculture et le capital humain. Pour Lomé, l’objectif est clair : incarner une Afrique qui ne se contente plus de commercer, mais qui choisit enfin de croître avec ses partenaires.
Par César S.








































































