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Depuis le 1er août 2025, une onde de choc traverse le tissu économique des très petites et moyennes entreprises clientes de la BIA En cause : une augmentation brutale et sans précédent des frais de tenue de compte mensuels, passés de 4 400 FCFA à 16 500 FCFA pour les personnes morales. Une hausse de 200 %, vécue par des très petites et moyennes entreprises clientes de la BIA comme une décision unilatérale, injustifiée et économiquement insoutenable.
Dans un contexte national marqué par un ralentissement des activités économiques, cette décision a immédiatement provoqué une vague de mécontentement, suivie de demandes massives de clôture de comptes. Les entreprises les plus réactives, informées à temps, ont préféré rompre leurs relations avec la banque. Mais pour d’autres, notamment celles ayant des engagements en cours, la situation s’est révélée bien plus complexe, voire piégeuse.
Face à la grogne montante, la BIA a tenté d’éteindre l’incendie. Par la voix de Carlos Kouléossi, Responsable Réseau Retrait, relayé par les chefs d’agence, la banque a appelé ses clients à la patience, évoquant un retour à la normale. Sur la base de cette promesse, plusieurs clients ont accepté de maintenir leurs comptes ouverts, malgré leur désaccord et les difficultés financières que cette hausse engendrait.
Mais les mois passent, et le retour à la normale annoncé tarde à se matérialiser. Pire encore, le discours change. Selon plusieurs sources internes et témoignages concordants, le même responsable aurait récemment affirmé que « la décision d’un retour à la normale était interne », rappelant que la banque reste libre d’augmenter ses agios. Une déclaration perçue comme une volte-face, laissant les clients dans une impasse et exposant les chefs d’agence à une pression croissante.
Sur le terrain, la situation devient tendue. Certains chefs d’agence, pris entre les exigences de la hiérarchie et la colère légitime des clients, se retrouvent contraints de négocier des arrangements à l’amiable, parfois au prix de leur propre sécurité professionnelle. L’objectif : préserver leurs postes.
Aujourd’hui, le constat est amer. Aucune régularisation effective, aucun retour officiel aux anciens tarifs, malgré la demande expresse de la banque invitant les clients à ne pas fermer leurs comptes. Les TPE concernées se sentent flouées, piégées par une promesse non tenue et pénalisées pour avoir fait preuve de confiance.
La question demeure entière : comment exiger des très petites et moyennes entreprises déjà fragilisées de supporter 16 500 FCFA de frais mensuels, dans un environnement économique morose ?
Au-delà du débat tarifaire, cette affaire soulève un enjeu majeur de gouvernance, de communication et de respect de la clientèle.
En attendant des réponses claires et des actes concrets, la crise de confiance entre la BIA et ses clients des TPE continue de s’aggraver, laissant planer le risque d’un divorce durable entre la banque et une partie essentielle du tissu économique.
Par Cesar P.








































































