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Les BRICS représentent désormais une menace sérieuse pour le dollar. La réaction de Donald Trump, immédiatement après la clôture du sommet des BRICS en 2025, a été brutale. Pourtant, ce sujet demeure largement ignoré par les grands médias. Et ce n’est pas un hasard : ce qui est en train de se jouer remet en cause la domination occidentale. Ceux qui détiennent le pouvoir préfèrent maintenir l’ignorance à travers le monde.
Cependant, certains ne sont pas dupes. Aux États-Unis, les élites les plus riches surveillent de très près la situation. En coulisses, elles ont déjà tiré la sonnette d’alarme. Pourquoi ? Parce qu’à chaque nouveau sommet, les BRICS affaiblissent un peu plus la position du dollar. Milliardaires, investisseurs, anciens responsables politiques : tous s’accordent à dire qu’un grand basculement est en marche. Et Trump l’a bien compris.
C’est pourquoi il est passé à l’offensive, menaçant ouvertement les pays membres des BRICS ainsi que les alliés traditionnels de Washington. Le message est clair : soutenir les BRICS, c’est risquer des représailles.
MAIS POURQUOI TANT D’OBSESSION, DE MENACES, DE TARIFS DOUANIERS ET D’ULTIMATUMS ?
La réponse est simple : l’ordre économique mondial est en pleine transformation, et ce changement s’accélère. Le sommet des BRICS de 2025 n’était pas une simple rencontre diplomatique. C’était une véritable déclaration de guerre économique. Le Sud global refuse désormais de se soumettre aux règles imposées par l’Occident. Dans une déclaration commune, les BRICS ont réaffirmé leur volonté de bâtir un monde multipolaire. Un monde où le pouvoir n’est plus concentré entre les mains de quelques nations riches, mais réparti de manière plus équitable. Et cela n’est plus une utopie. Aujourd’hui, les BRICS représentent 46 % de la population mondiale et 35 % du PIB global, soit davantage que le G7.
Avec l’adhésion de l’Indonésie, premier pays d’Asie du Sud-Est à rejoindre le bloc, et des partenaires comme le Nigeria, le Vietnam ou la Malaisie, l’expansion s’intensifie, notamment dans des régions qui ont été longtemps exclues des grandes décisions internationales. Alors pourquoi ce silence médiatique en Occident ? Parce que cela ne s’intègre pas dans le récit habituel.
Dans les médias occidentaux, les BRICS sont souvent dépeints comme un groupe trop divisé pour être efficace. Mais ce sommet a prouvé le contraire. Malgré des différences colossales d’une Inde démocratique à une Chine autoritaire le bloc a trouvé un terrain d’entente sur plusieurs dossiers majeurs, du moins pour l’instant.
Prenons l’exemple du FMI. Les États-Unis et leurs alliés y maintiennent un contrôle disproportionné. Les BRICS, à eux seuls, ne détiennent que 18,5 % des droits de vote, soit moins que cinq pays d’Europe de l’Ouest réunis (19 %) et à peine plus que les États-Unis seuls (16,5 %). Rien ne peut être validé sans l’aval de Washington. Le FMI et la Banque mondiale demeurent ainsi des instruments d’influence des États-Unis. C’est précisément pourquoi les BRICS développent leurs propres alternatives. Leur Nouvelle Banque de Développement et leur Fonds de Réserve commun sont déjà opérationnels. Ces entités accordent des prêts, fournissent du soutien financier, sans conditions politiques ni pressions diplomatiques.
La transition est lente, c’est vrai. Le Brésil et l’Inde souhaitent réformer le système existant, tandis que la Russie et la Chine visent une rupture totale avec l’Occident. Ces divergences internes sont réelles. Mais le message venu de Rio est clair : les BRICS n’attendront plus l’autorisation de qui que ce soit. Le basculement a déjà commencé. Le sommet a même critiqué frontalement les États-Unis, dénonçant les sanctions et les droits de douane comme des outils de coercition pour préserver leur domination. La déclaration ne s’est pas embarrassée de diplomatie.
Trump, lui, n’a pas tardé à répliquer. Dès 2024, après sa réélection, il promettait des droits de douane de 100 % si les BRICS remettaient en cause la suprématie du dollar. Aujourd’hui, il parle plutôt de 10 %. Ce revirement rhétorique est révélateur : sa stratégie perd de la vigueur, tandis que l’adversaire gagne en puissance. Ses menaces deviennent répétitives. Mais derrière cette répétition, une réalité : la peur. La peur que les BRICS réussissent là où d’autres ont échoué. Et cette peur est bien fondée.
Car les BRICS élargis incluent désormais l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis et l’Indonésie. Ensemble, ils forment le plus grand bloc économique mondial en termes de parité de pouvoir d’achat, devançant même le G7. Et surtout, ils redessinent les flux du commerce mondial.
La Nouvelle Banque de Développement a déjà investi 33 milliards de dollars dans des projets d’infrastructures. Cela permet à de nombreux pays de se libérer de la tutelle du FMI et de la Banque mondiale. Mais ce n’est pas tout. Les BRICS développent BRICS Pay, une alternative au système SWIFT, et encouragent les échanges en monnaies locales. Or, le dollar est encore utilisé dans 88 % des transactions internationales. Même un léger recul pourrait provoquer un séisme économique.
Et ce n’est plus de la théorie. Les dirigeants des BRICS ont reçu une feuille de route complète pour sortir progressivement du système dollar. Pendant ce temps, Trump multiplie les invectives sur Truth Social, accusant les BRICS de mener des politiques « anti-américaines »… sans jamais préciser lesquelles.
Ce flou dissimule une réalité plus profonde : la peur de perdre le contrôle. Aujourd’hui, le dollar représente encore 58 % des réserves mondiales. Mais si les BRICS accélèrent la dédollarisation, les conséquences pour les États-Unis pourraient être dramatiques : perte d’influence à l’étranger, hausse du coût de l’emprunt à l’intérieur. Et l’ironie, c’est que Trump pourrait aggraver la situation. Des droits de douane à 100 % feraient exploser les prix, nourriraient l’inflation et ralentiraient l’économie. En bout de chaîne, ce sont les familles américaines, et non les pays des BRICS, qui en paieraient le prix fort.
Pendant que Trump tente d’isoler les BRICS, le bloc s’élargit. Plus de 30 pays sont candidats à l’adhésion, dont la Malaisie et la Thaïlande. Le président brésilien Lula l’a dit clairement : le monde n’a pas besoin d’un empereur. Les anciennes règles ne fonctionnent plus. Et les BRICS ne reculeront pas.
Mais ce n’est pas seulement une question de commerce. Le bloc conteste aussi les sanctions imposées sans mandat de l’ONU, comme celles des États-Unis contre l’Iran ou la Russie. Pour les BRICS, ces sanctions sont des violations de souveraineté. C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée d’un « reset mondial ». Car si les BRICS réussissent à mettre en place un système financier viable hors du dollar, c’est toute l’architecture de l’économie mondiale qui pourrait être bouleversée.
Direction l’Asie du Sud-Est. Le sommet de Rio n’était pas qu’un simple événement diplomatique. C’était un tremblement de terre géopolitique. Avec l’adhésion de l’Indonésie et les partenariats avec la Malaisie, la Thaïlande et le Vietnam, le bloc a acquis un nouveau moteur économique. Cette région n’est pas secondaire : 3 500 milliards de dollars de PIB, 670 millions d’habitants, une part majeure dans la production mondiale de semi-conducteurs, smartphones et biens de consommation. Elle représente à elle seule 24 % des importations technologiques américaines.
Mais la stratégie américaine s’effondre. En annulant l’initiative indo-pacifique et en imposant des tarifs douaniers (32 % sur les produits indonésiens, 40 % sur ceux du Vietnam), Trump a poussé ces pays vers les BRICS. Leurs dirigeants Joko Widodo en Indonésie, Anwar Ibrahim en Malaisie ont réagi en se tournant vers la Nouvelle Banque de Développement. Les BRICS offrent aujourd’hui une véritable alternative aux réseaux dominés par l’Occident. Et avec leur expansion en Asie, le bloc contrôle désormais près de la moitié des capacités industrielles du monde en développement.
Et les États-Unis ? Ils manquent d’alternatives crédibles. L’Afrique reste handicapée par ses infrastructures et un déficit de 50 milliards. L’Europe, par une énergie chère et une population vieillissante. L’Amérique latine, par sa dépendance aux matières premières. Pendant ce temps, les BRICS attirent de nouveaux poids lourds comme le Nigeria ou l’Algérie. Leur influence dans le commerce mondial et l’énergie ne cesse de croître. Et Trump, lui, crie dans le vide. Mais tout n’est pas rose dans le bloc. La Malaisie, qui assure en 2025 la présidence de l’ASEAN, se retrouve dans une position délic
Par César S.







































































