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A Kigali, le ton était grave, mais résolument tourné vers l’avenir. Devant un parterre de chefs d’État, de décideurs internationaux, d’experts du nucléaire et de partenaires financiers réunis à l’occasion du sommet sur l’innovation en matière d’énergie nucléaire pour l’Afrique (NEISA 2026), le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a livré un discours ambitieux, appelant l’Afrique à prendre en main son destin énergétique grâce au nucléaire civil.
Organisé à Kigali autour du thème « Énergiser l’Afrique pour l’avenir : transformer l’ambition nucléaire en réalité investissable », le sommet a réuni des figures majeures du continent et du secteur énergétique mondial, parmi lesquelles le Président rwandais Paul Kagame, la Présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan et le Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi.
Mais au-delà des échanges diplomatiques et des annonces techniques, c’est surtout l’intervention du dirigeant togolais qui a marqué les esprits. Dans un discours structuré autour de la souveraineté, de l’industrialisation et de la coopération africaine, Faure Gnassingbé a défendu l’idée d’un nucléaire africain pensé et maîtrisé par les Africains eux-mêmes.

Pour le Président du Conseil, l’Afrique fait aujourd’hui face à une réalité incontournable : les besoins énergétiques du continent explosent sous l’effet de l’urbanisation, de l’industrialisation et de la révolution numérique. Selon lui, les seules énergies renouvelables ne suffiront plus à soutenir cette transformation.
« Nos économies vont se numériser. Nos industries vont croître. Et cela exige une énergie stable, continue et compétitive », a-t-il déclaré, estimant que les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs représentent désormais une solution crédible et mature pour répondre à cette demande croissante.
Le chef du gouvernement togolais a également mis en avant les efforts déjà engagés par le Togo dans le domaine du nucléaire civil. Membre de l’AIEA depuis 2012, le pays a adopté une législation sur l’usage sécurisé et pacifique du nucléaire et créé, en janvier 2025, un Commissariat à l’énergie atomique destiné à structurer cette ambition stratégique.
Le Togo explore par ailleurs l’utilisation de microréacteurs modulaires pour électrifier les zones non raccordées au réseau national, tout en renforçant son cadre réglementaire à travers la ratification des conventions internationales de sûreté nucléaire.
Mais pour Faure Gnassingbé, aucun pays africain ne pourra réussir seul cette transition énergétique. Le dirigeant togolais a ainsi plaidé pour une mutualisation des normes, des mécanismes de financement et des capacités techniques à l’échelle continentale.
Dans une intervention saluée par plusieurs participants, il a appelé à la création d’un véritable cadre africain du nucléaire, capable d’attirer investisseurs privés, banques de développement et fonds souverains autour de projets énergétiques communs.
Le Président du Conseil a aussi insisté sur l’importance de la formation des compétences africaines. Scientifiques, ingénieurs, techniciens, juristes et régulateurs devront, selon lui, être massivement formés afin de bâtir une filière nucléaire autonome et durable. Il a particulièrement souligné la nécessité d’impliquer davantage les jeunes et les femmes dans cette transformation stratégique.
Le Président rwandais, Paul Kagame, a salué l’engagement du Togo et le leadership de Faure Gnassingbé dans la promotion d’une coopération énergétique régionale fondée sur l’innovation et la souveraineté. Kigali s’est d’ailleurs réjoui du choix porté sur le Togo pour accueillir la prochaine édition du sommet NEISA.
À travers cette prise de parole remarquée, Faure Gnassingbé a posé les bases d’une nouvelle vision énergétique africaine : une Afrique qui ne demande plus seulement l’accès à la technologie, mais qui ambitionne désormais de devenir un acteur majeur de sa propre indépendance énergétique.
Par César S.






























































