![]()
Le Togo ne veut plus regarder la révolution technologique mondiale depuis les gradins. À Lomé, le pays vient d’envoyer un signal fort au continent africain en posant les bases d’un projet industriel inédit : la création d’un Centre de Technologies de Sécurité (CTS), spécialisé dans la conception, l’assemblage et le déploiement de drones de nouvelle génération. Derrière cette initiative stratégique se dessine une ambition assumée : faire du Togo une puissance africaine émergente dans les domaines des drones, de l’intelligence artificielle et des systèmes autonomes.
L’accord, signé entre le gouvernement togolais et la Pologne, marque une nouvelle étape dans la politique de souveraineté technologique engagée par les autorités. Le projet, baptisé Africa Drone Company, sera porté par Cyber Defense Africa (CDA), structure déjà active dans la cybersécurité nationale. Pour concrétiser cette vision, un financement de 24 millions d’euros, soit près de 15 milliards de FCFA, a été mobilisé par la banque publique polonaise BGK dans le cadre du programme européen Global Gateway.

Mais au-delà des chiffres, c’est toute une stratégie nationale qui prend forme. Le futur centre ne sera pas un simple site industriel destiné à assembler des équipements importés. Il ambitionne de devenir un véritable laboratoire de compétences et d’innovation. Les autorités togolaises veulent créer un écosystème local capable de maîtriser les technologies critiques du futur : intelligence artificielle, ingénierie des réseaux, automatisation et cybersécurité.
Dans un contexte mondial où les technologies stratégiques deviennent des instruments de puissance économique et géopolitique, Lomé entend désormais jouer un rôle actif. L’objectif affiché est clair : former une nouvelle génération d’ingénieurs et de spécialistes togolais capables de concevoir des solutions technologiques adaptées aux réalités africaines.
Les drones produits au sein du CTS auront des usages multiples. Ils pourront contribuer à la surveillance des infrastructures sensibles, à la sécurisation des frontières, à l’agriculture intelligente ou encore au soutien logistique dans les secteurs industriels. Cette diversification des applications montre que le projet dépasse largement le cadre sécuritaire pour toucher directement au développement économique et à la modernisation du pays.
Lors de la cérémonie de signature, la ministre de la transformation numérique, Cina Lawson, a porté une vision ambitieuse et symbolique. Selon elle, le temps où l’Afrique se contentait de consommer les innovations conçues ailleurs doit progressivement prendre fin. Le Togo veut désormais participer à la création des technologies mondiales et écrire sa propre histoire dans la révolution numérique.
Avec ce projet d’envergure, le pays confirme sa volonté de devenir un hub technologique régional. En misant sur l’innovation, la formation et l’industrialisation numérique, le Togo tente aujourd’hui un pari audacieux : transformer la technologie en moteur de souveraineté, de croissance et d’influence pour toute une génération.
Par César S.





























































