![]()
A l’heure où l’intelligence artificielle brouille les frontières entre le vrai et le faux, l’Université de Lomé et ses partenaires passent à l’offensive. Au terme de deux jours de formation consacrés à l’intégrité de l’information, 30 influenceurs ont été mobilisés pour promouvoir un numérique plus responsable et préserver la qualité du débat public.
Une image manipulée, une vidéo sortie de son contexte, une information non vérifiée : il suffit parfois de quelques clics pour qu’un mensonge se propage à grande vitesse. Dans un univers numérique où l’intelligence artificielle démultiplie les possibilités de création de contenus, démasquer le faux devient un défi quotidien. Au Togo, l’Université de Lomé et ses partenaires entendent armer les acteurs du numérique pour faire face à cette menace grandissante.
Les lundi 12 et mardi 13 octobre 2026, l’UniPod de l’Université de Lomé a accueilli une formation organisée par le Centre de droit public (CDP), la Haute Autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) et le cabinet DOS’EXCELL, dans le cadre du programme BRIDGE (Building Resources in Democracy, Governance and Elections). Au cœur des échanges : « Intelligence artificielle, désinformation et intégrité de l’information ». Une thématique qui place les blogueurs, influenceurs et créateurs de contenus face à leur responsabilité dans la construction de l’opinion publique.

Représentant le président de l’Université de Lomé à l’ouverture, le Colonel Yaovi Fiomagne, facilitateur accréditeur BRIDGE associé au CDP, a lancé un avertissement clair : publier sans vérifier expose l’espace numérique à la propagation de contenus trompeurs. Dans cette bataille contre la désinformation, le discernement doit précéder le partage et la vérification s’imposer avant toute publication.
Le directeur de cabinet de la HARC, Olivier Yao Abarim, a pour sa part rappelé que la vérité demeure un socle de la démocratie. Une photographie ou une vidéo, même convaincante, ne constitue pas nécessairement une preuve. Manipulés ou détachés de leur contexte, ces contenus peuvent orienter les perceptions, attiser les tensions et fragiliser la cohésion sociale. D’où la nécessité de développer des réflexes de vérification et de renforcer l’éthique dans la production de l’information.
À travers les panels et les échanges, les participants ont exploré les mécanismes de la désinformation et les défis posés par l’intelligence artificielle. L’objectif est de transformer chaque professionnel formé en acteur capable de résister aux manipulations et de diffuser des contenus fiables.
Trente influenceurs pour changer la donne
Le pari se poursuit au-delà de la formation. Sur plus de 250 candidatures, 30 influenceurs ont été sélectionnés pour mettre les connaissances acquises au service de leurs communautés. Leur mission : sensibiliser, éveiller l’esprit critique et faire de la responsabilité numérique un réflexe partagé.
Le Colonel Yaovi Fiomagne a également plaidé pour l’implication des professionnels du numérique dans l’élaboration d’un cadre juridique adapté à l’influence en ligne. Une démarche inclusive, selon lui, favoriserait une meilleure compréhension et une appropriation des règles par les acteurs concernés.
Les organisateurs ont enfin appelé à renforcer les synergies entre l’Université, les institutions publiques et les professionnels du numérique. La contribution du ministère chargé de la Communication et de WANEP-Togo a notamment été saluée.
Au-delà de ces deux journées, l’enjeu est décisif : faire du numérique un espace où la rapidité ne l’emporte pas sur la vérité, où l’influence s’accompagne de responsabilité et où l’information contribue à la paix plutôt qu’à la division. Car face à la désinformation, chaque partage engage une responsabilité et chaque vérification peut faire la différence.
La rédaction































































