RETOUR SUR LES TEMPS FORTS DU PREMIER FORUM ECONOMIQUE TOGO-UE

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Le premier forum économique Togo-UE tenu les 13 et 14 juin Lomé dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, en présence d’éminentes personnalités comme Jyrki Katainen, Mario Pezzini, Aliko Dangote ou encore Carlos Lopes a connu plusieurs moments forts, notamment la signature de plusieurs accords, des sessions parallèles et des plénières.
En marge des travaux de ces assises dédiées à la mobilisation des investisseurs pour la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND 2018-2022), trois accords ont été signés.
Le premier accord est la signature de la lettre d’adhésion du Togo à de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Les documents de cette adhésion officielle ont été paraphés par le Secrétaire Général de l’OCDE, Mario Pezzini et le Ministre de l’Economie et des Finances Sani Yaya. En effet, le Togo est devenu membre à part entière de l’organisation depuis le 21 mai 2019 lors de la 5 e réunion du comité directeur de l’organisation tenue à Paris (France).
Fondée en 1948, l’OCDE, regroupe 55 Etats, dont 11 pays africains. L’organisation travaille avec les économies émergentes et en développement à « bâtir un monde plus fort, plus saint et plus juste ».

Pour le Secrétaire général de l’OCDE, cette adhésion permettra au Togo de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND 2018-2022). « Nous nous félicitons de l’aboutissement de ce processus qui avait été engagé par le Togo depuis cinq ans de cela. Beaucoup de chemin reste à faire ensemble avec le Togo. Nous saluons le PND du Togo et nous sommes disposés à accompagner sa mise en œuvre », a indiqué M. Mario Pezzini.
Le second accord est celui matérialisant le lancement de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’UE au Togo (Eurocham Togo).
Le document de création de cette institution a été remis à son président, Charles Gafan.
Créée le 3 juin 2019 et dirigée par Charles Kokouvi Gafan, PDG du groupe Bolloré Transport & Logistics Togo, cette chambre vise à « structurer les échanges tout en promouvant l’investissement durable, face aux nouveaux enjeux commerciaux et de développement économique du Togo ».La chambre se fixe comme objectif privé est dynamique et accueille des d’accompagner le développement économique de ses membres dans un cadre bilatéral, de représenter la communauté d’affaires européenne du Togo vis-à-vis des autorités publiques, des organisations et des instances européennes.
Il s’agira entre autres, de faciliter le développement de la présence et de l’activité des entreprises originaires des pays européens au Togo ou de bien-être ; les secteurs créatifs à savoir faciliter et multiplier les échanges avec les chambres de commerce nationales et régionales des pays européens.
Le dernier accord paraphé a été le mémorandum entre la Chambre de Commerce du Togo et les Chambres de Commerce et d’Industrie Européennes.
Pour finir, une signature de mémorandum d’accord est également intervenue entre la Chambre de Commerce et d’industrie du Togo (CCIT) et la Chambre de commerce et d’industrie de l’UE. Avec plus de 28 pays membres de l’UE, le Togo attend tirer profil de cette entité pour attirer les investissements en vue de la réalisation de son PND.
A travers ces accords, le Togo aussi offre des opportunités d’affaire aux investisseurs de l’UE. Au Togo, le secteur privé est dynamique et accueille des investisseurs étrangers dans une large gamme de secteurs et sous-secteurs prioritaires, notamment l’agriculture et l’agroalimentaire, l’économie bleue, la production industrielle axée à la fois sur des produits de substitution à l’importation et activités dirigées vers l’exportation.
Les services à valeur ajoutée, notamment le tourisme et l’hospitalité, les TIC, les services financiers, la distribution et la logistique,l’éducation et la formation, la santé et le bien-être ; les secteurs créatifs à savoir l’art et l’artisanat, la production musicale, cinématographique et audiovisuelle, le développement et la gestion du contenu de la musique et des arts du spectacle,le patrimoine et la culture, la mode et le design, la communication et la publicité ; les biens immobiliers et la promotion immobilière, notamment les centres commerciaux, le développement de port de plaisance, les parcs de loisirs et d’aventure, les stations et terrains de golf constituent également des opportunités d’affaire aux investisseurs de l’UE.
Plus de 1000 participants dont 400 investisseurs ont pris part aux activités de ce forum.
LE REVE DU PDG DU GROUPE DANGOTE POUR LE TOGO
Le richissime homme d’affaires nigérian, Aliko Dangote a animé le vendredi 14 juin 2019 aux côtés du professeur Carlos Lopes, Etienne Giro, et Mario Pezzini un panel consacré aux opportunités d’investissements au Togo.
Le PDG Dangote a salué la vision des autorités togolaises qui s’attellent à créer le cadre et les conditions incitant à l’investissement dans le pays. « Au Togo, vous avez tous les atouts pour faire l’agriculture : la terre, le climat, l’eau. Alors, le Togo doit freiner ses importations. Le Togo peut produire tout ce qu’il consomme parce qu’aucune politique économique durable ne peut se mettre en place avec un élargissement effrénée de la balance commerciale. Vous ne pouvez pas survivre longtemps à 8 milliards d’importations et 2 milliards d’exportations », a fait savoir le PDG du groupe Dangote. Selon lui, le seul port en eau profonde d’Afrique de l’ouest, peut exporter facilement tout ce qu’il produit vers le marché de la CEDEAO qui fait plus de 350 millions. « Avec un marché qui s’agrandit davantage grâce la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), nous pourrons attirer plus d’investissements locaux et étrangers », a-t-il poursuivi.
Dans le cadre de ce partenariat avec l’UE, M. Dangote rêve de voir un jour le Togo transformer son coton, exporter des habits pour satisfaire la demande mondiale. Il a mis un accent particulier sur les opportunités qu’offrent les secteurs de la logistique, de l’agriculture, des mines et d’ l’industrie. Aliko Dangote est un homme d’affaires nigérian né en 1957 à Kano. Considéré comme l’homme le plus riche d’Afrique,il est à la tête du Dangote Group présent aujourd’hui dans le ciment, l’agroalimentaire, lalogistique et l’immobilier. Selon le classement des plus grosses fortunes du monde publié par le magazine Forbes, Aliko Dangote constituerait la 64ème fortune mondiale.
LOME, CAPITALE DE LA FINANCE ÉMERGENTE
Toujours le vendredi 14 juin, au deuxième et dernier jour du Forum économique Togo-Union européenne, une session sur le thème « Togo, le centre d’affaires, d’investissement et de la haute finance émergente d’Afrique de l’Ouest » a été animée par le financier Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du bénin, le directeur général d’Ecobank, Ade Ayeyemi, et l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn reconverti dans le conseil aux gouvernements.
Le plan national de développement ambitionne de faire du pays un carrefour financier de premier plan en Afrique de l’Ouest. Lomé accueille déjà le siège de deux grands groupes bancaires, Ecobank et Orabank.
Selon Dominique Strauss-Kahn, le continent africain est confronté à un sérieux problème de capital. L’Europe, notamment, devra aider l’Afrique non pas seulement en crédit d’investissement direct mais aussi par des mécanismes de garanties financières.
Le plus souvent, cette réticence des investisseurs s’explique par l’absence d’un projet structuré, mais les potentialités sont là, a-t-il expliqué. Pour lui, les atouts du Togo reposent sur son port, porte d’entrée vers la sous-région, la présence de grandes banques et sa stabilité financière.

« Le Togo a fait des efforts considérables en matière de finances publiques. Le plan national de développement est un atout et j’ai bon espoir que dans les années à venir les réalisations seront importantes », a déclaré l’ancien directeur général du FMI.
« Le Togo n’est ni Singapour, ni la Suisse, ni le Bénin, ni Djibouti. Le Togo est le Togo avec son propre modèle de développement qu’il faudra simplement améliorer »,a confié pour sa part Lionel Zinsou.
LE TOGO EST DANS LA CATÉGORIE DES PAYS RÉFORMATEURS SELON LOPES
« Il est clair que le Togo est dans la catégorie des réformateurs en Afrique. Il a plus le plus grand nombre de réformes à son actif dans un délai très court », a relevé le jeudi 13 juin, l’économiste Carlos Lopes à l’ouverture d’une table ronde consacrée au « développement soutenu,inclusif, durable et équilibré du Togo ». M. Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, est le conseiller de la présidence pour la mise en œuvre du plan national de développement (PND).
Le pays a tout pour séduire les investisseurs, a-t-il souligné.Un emplacement géographique idéal, porte d’entrée naturelle vers les pays de la sous-région, et un port en eau profonde en forte croissance.

Contrairement à d’autres pays africains, le Togo n’est pas un rentier riche en matières premières. Il a besoin d’innover, de réformer et de faire preuve de courage pour attirer l’investissement et pour se développer, a rappelé Carlos Lopes.

Ignace T.

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