SECTEUR MINIER TOGOLAIS DEUX ACCORDS DE PARTENARIAT SIGNES AVEC LE GROUPE DANGOTE

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Le gouvernement togolais, sous l’impulsion du président de la République  poursuit sa politique du redressement économique en nouant des relations avec des partenaires capables de participer à cette dynamique par leurs investissements et si  possible leurs expertises pour l’atteinte de cet objectif, en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations. Dans cette optique, deux accords de partenariat dans le secteur  des mines ont été signés le jeudi 7 novembre 2019 à Lomé, entre le gouvernement Togolais et Dangote Industries Limited (Nigeria), au cours d’une cérémonie organisée à cet effet, présidée par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.

Les documents des deux accords  ont été paraphés par le ministre togolais des Mines et de l’Energie, Marc Ably Bidamon et le Président  directeur général (PDG) de Dangote group, Aliko Dangote, en présence de plusieurs membres du gouvernement. 

Le premier accord  a concerné la valorisation et la transformation du phosphate en engrais à destination de la région Ouest Africaine.  Le coût de ce projet s’élève à deux milliards de dollars. Les travaux débuteront en début de l’année prochaine. Le second a trait à l’implantation d’une cimenterie à partir du clinker togolais et nigérian. Cette usine dont les ouvrages de construction commenceront également en 2020, produira 1.5 millions de tonnes de ciments par an et devra répondre à la demande locale et à celle des pays de la région. 

Ces deux projets  s’inscrivent dans la politique de diversification des partenaires privés, en vue de la mise en œuvre efficace et efficiente du Plan national de développement (PND, 2018-2022). Dangote Industries Limited (Nigeria)  fait carrière dans le ciment, l’agroalimentaire, la logistique et l’immobilier. 

QUI EST ALIKO DANGOTE ?

Aliko Dangote, né le 10 avril 1957 à Kano, la grande ville du nord du Nigeria, est issu d’une riche famille musulmane d’ethnie Haoussa. Il acquiert vite le sens du commerce. Inspiré par son grand-père entrepreneur, il lance son premier « business » à 8 ans en vendant ses propres friandises, comme il le raconte au magazine Forbes. Mais tout commence vraiment à 21 ans. Après une formation à l’université égyptienne Al-Azhar, le jeune diplômé en gestion et commerce emprunte de l’argent à son oncle et crée une petite entreprise de vente de ciments. Le succès est au rendez-vous et il multiplie très vite son capital.

       Il est à la tête du Dangote Group  faisant carrière aujourd’hui  dans le ciment, l’agroalimentaire, la logistique et l’immobilier. Selon le classement des plus grosses fortunes du monde publié par le magazine Forbes, Aliko Dangote constituerait la 63ème  fortune mondiale estimée à plus de 16,7 milliards de dollars. L’homme le plus riche du continent est un personnage complexe et ambivalent. À la fois héros de toute l’Afrique et homme d’affaires impitoyable, grand avocat de l’ouverture des marchés africains à son ciment et opposant inlassable à la concurrence au Nigeria, philanthrope et économe, promoteur de la fierté africaine en quête de reconnaissance du business mondialisé…

Aliko Dangote est en passe de multiplier ses revenus par cinq à l’horizon 2021 grâce à son double projet pharaonique de raffinerie de pétrole et d’usine de fertilisants à Lekki, près de Lagos, dont l’investissement représente  15 milliards de dollars.  Le personnage fascine plus que jamais. À 62 ans, son ascension paraît irrésistible. Quasi-inconnu hors du Nigeria il y a dix ans, le Prince de Kano jouit désormais d’un statut digne d’un chef d’État. Il dispose d’un passeport estampillé Union africaine. 

En 2019 et pour la huitième année consécutive, Aliko Dangote est le premier milliardaire d’Afrique et 136ème  du monde. Le plus grand producteur d’ »or gris » sur le continent a du mal à réaliser à quel point il était riche.

Avec son ascension fulgurante et sa fortune colossale, Aliko Dangote suscite l’admiration, mais aussi les critiques. Certains l’accusent de s’être rapproché des politiques pour profiter de passe-droits. Mais le businessman ne s’en formalise pas et continue de développer ses activités en Afrique. Selon lui, les deux secteurs les plus prometteurs sont les nouvelles technologies et l’agriculture. Il appelle les jeunes entrepreneurs du continent à voir grand et à investir sur le long terme. « J’aimerais pouvoir me cloner », dit-il dans un entretien au magazine américain Time. Aliko Dangote fait dans le même temps un calcul rapide et affirme que dix comme lui feraient l’affaire…

Rodolphe A.

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