COVID-19 : LA BCEAO PREND DES MESURES POUR ATTENUER L’IMPACT FINANCIER

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La crise sanitaire due à la pandémie du coronavirus (COVID-19) a touché tous les domaines d’activité, celui financier en particulier. Dans le souci d’accompagner ce secteur d’activité, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) avait dès le 1er avril, pris un ensemble de mesures, en vue d’atténuer l’impact de la pandémie sur le système bancaire et le financement de l’activité économique dans l’union. Dans leur prolongement, la même institution financière de l’union a pris des dispositions spécifiques qui, en général, sont en faveur des Institutions de microfinance (IMF).

Ces dispositions sont intervenues à la suite de deux rencontres initiées par la BCEAO en présence du ministre de l’Economie et des Finances Sani Yaya, l’une avec l’Association des professionnelles des banques et établissements financiers du Togo (APBEF-Togo) le 5 mai 2020 et l’autre avec l’Association des professionnelles des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo) le 6 mai.

LES DISPOSITIONS SPECIFIQUES ATTENUANTES PROPOSEES PAR LA BCEAO

Après concertation de la BCEAO avec le regroupement des structures financières APBEF et APSFD, des dispositions atténuantes, donnant des détails spécifiques sur l’ensemble des mesures prises, ont été proposées. Il s’agit, entre autres, de l’autorisation des Systèmes financiers décentralisés (SFD) d’accorder des reports d’échéances à leur clientèle affectée par la COVID-19 ; l’appréciation par la BCEAO, en relation avec le secrétaire général de la commission bancaire de l’UEMOA et la Coopératives d’Epargne et de Crédit (CAS-IMEC), des implications de ces mesures sur la situation comptable et prudentielle des SFD et l’éligibilité des concours accordés par les établissements de crédit aux institutions de microfinance aux dispositions relatives au report d’échéances des créances des établissements de crédit affectées par cette pandémie.

Au nombre de ces dispositions atténuantes, figurent également, selon le directeur national de BCEAO, Kossi Ténou l’admissibilité des crédits bancaires octroyés aux institutions de microfinance visées à l’article 44 de la loi portant réglementation des SFD, en support des refinancements de la BCEAO, conformément aux dispositions de la décision du comité de politique monétaire du 2 mars 2011. « A titre exceptionnel, pour accroître la liquidité en faveur du secteur de la microfinance, le guichet spécial de refinancement des effets portés sur les Petites et moyennes entreprises (PME) est élargi aux créances bancaires détenues sur les IMF », a poursuivi M. Kossi Ténou.

Le directeur national de BCEAO, a indiqué qu’en ce sens,  le 24 avril dernier, la BCEAO a organisé une réunion par visioconférence avec les Structures ministérielles de suivi (SMS) des SFD de l’Union pour les écouter sur l’impact de la COVID-19 sur leurs activités. Globalement, il en est ressorti une réduction des ressources, un risque de crédit et de faillite pour l’ensemble des SFD de l’Union. La BCEAO projette de réaliser une enquête périodique d’opinion via les SMS pour un suivi rapproché de l’évolution de la situation des SFD.

LE MINISTRE SANI YAYA INCITE LES DIRECTEURS GENERAUX A EXPLOITER LES CONDITIONS OFFERTES PAR LA BCEAO

La rencontre avec l’APBEF-Togo a consisté à un suivi de l’application des mesures prises par la BCEAO en appui au secteur privé notamment le report d’échéances de remboursement des créances pour les entreprises qui rencontrent des difficultés, l’offre de liquidité plus importante aux banques et la baisse du taux de refinancement.

Le ministre a incité les directeurs généraux des banques à exploiter les conditions offertes par la BCEAO afin de répercuter la baisse du taux de refinancement sur le crédit accordé au secteur privé et financer le fonds de roulement des entreprises.

Il a, en outre, demandé aux banques de financer les SFD qui appuieront à leur tour le secteur informel.

Le ministre des Finances a rappelé aux DG des banques, l’importance que revêt pour l’économie togolaise, le développement du secteur agricole pour lequel le gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’Etat, a mis en place le Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA). A ce titre, il a invité l’APBEF, dans toute sa composante à appuyer cette initiative.

En ce qui concerne la réunion avec l’APSFD-Togo, le ministre de l’Economie et des Finances a  informé ladite association qu’un plaidoyer en faveur des institutions de microfinance a été fait lors de la session extraordinaire du conseil des ministres de l’UEMOA le 20 avril 2020. Il a, aussi, insisté sur le ferme engagement du Gouvernement à accompagner les SFD durant cette période de crise. La rencontre a permis d’avoir une même lecture des termes de l’avis du 27 avril passé, notamment sur le report d’échéance sur les prêts pour une période de trois (03) mois, sans charge d’intérêt, ni frais, ni pénalité de retard.

Le ministre Sani Yaya a réitéré aux SFD l’importance du financement du secteur agricole tout en les exhortant à accompagner l’Etat dans ce domaine. Il a, à cet effet, demandé à l’APSFD-Togo de travailler toujours en collaboration avec la Cellule d’appui et de suivi des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit (CAS-IMEC).

Il a une fois encore incité les DG des SFD, à financer le fonds de roulement de crise de leur clientèle pour les aider à amortir le choc de la crise sanitaire sur leur activité. Il ressort des discussions, que l’impact de la Covid-19 sur les SFD n’a commencé par se ressentir qu’à partir du mois d’avril 2020. C’est pourquoi, le ministre a remercié les SFD pour leur anticipation en percevant très trop le risque et en prenant les mesures qui s’imposent.

Au cours des deux rencontres, le ministre a annoncé la mise en place d’un comité comprenant le ministère de l’Economie et des Finances, la BCEAO, l’APBEF, l’APSFD et le secteur privé, qui sera chargé de réfléchir sur les mesures à prendre dans le cadre de la relance de l’économie nationale après la pandémie.

REACTION DES RESPONSABLES DES DEUX CORPORATIONS

Mme Odile Affoyo de l’APBEF-Togo salué la réaction de la BCEAO qui, dès le 1er avril 2020, a envoyé un avis à l’endroit des structures financières membres de l’association, relatif au report des échéances de créance en vue d’amoindrir l’impact de la crise sur les particuliers et entreprises dont les activités ont été considérablement ralenties. « Cet avis a permis aux établissements financiers de traiter 282 demandes de reports d’échéances pour un montant global de 50,1 milliards. Grâce à la BCEAO, sur la base des statistiques à fin mars 2020, les crédits aux particuliers et entreprises ont connu une légère progression trimestrielle de 0,72% par rapport à décembre 2019 », a ajouté Mme Odile Affoyo.

  1. Bassina Komi de l’APSFD-Togo a témoigné la gratitude des SFD pour toutes les opportunités de discussion qui leurs ont été offertes par les autorités monétaires et le gouvernement depuis le début de la pandémie. « Nos sentiments de reconnaissance vont particulièrement à l’endroit de la BCEAO qui, dès les premières heures de la crise a pris l’initiative d’accompagner financièrement les banques, mesures qu’elle n’a pas hésité à élargir à notre secteur lorsque nous avons formulé la demande », a-t-il rappelé.                                                                                                                                           Rodolphe

 

 

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