CORONAVIRUS : LA PANDEMIE MET L’ECONOMIE MONDIALE A TERRE

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Le nouveau coronavirus (Covid-19) a touché à la date de mardi 31 mars 2020, 823.479 personnes (cas confirmés) et a fait au total 40.636 morts dans le monde. L’épidémie s’étend dans le monde entier et le nombre de personnes contaminées ne cesse d’augmenter. Cette pandémie du coronavirus (COVID-19) est en train de mettre l’économie mondiale à terre.

La pandémie de coronavirus a des conséquences considérables, au-delà de la simple propagation de la maladie et des mesures de quarantaine. L’impact économique se fait sentir par de multiples canaux. D’abord, les fermetures imposées, pour contenir la propagation du virus, ont fortement touché de nombreux secteurs, parmi lesquels le commerce de détail, les loisirs, le tourisme, le transport et les événements. A cela s’ajoute, indépendamment du secteur, la fermeture des entreprises ne pouvant pas proposer de télétravail, ni respecter les mesures de distanciation sociale requise.
Malgré que le continent africain soit moins touché que d’autres, le virus a déjà eu d’importantes conséquences économiques, à commencer par les difficultés de déplacement vers la Chine, les foyers européens tels que l’Italie, l’Espagne et la France, sans oublier les USA qui compte à la date du 31 mars 2020 le plus grande nombre, de personnes touchées (164.610), des personnes en avion, comme des marchandises en bateau, ce qui impacte les échanges commerciaux entre l’Afrique et l’empire du milieu d’une part et l’Europe et les USA d’autre part.

Au plan national, la mise en quarantaine des régions touchées par la pandémie et la fermeture des écoles, des centres de formation professionnelle et universités togolaises portent une entorse au développement économique. Le Togo ferme toutes ses écoles et universités

LE TOGO FERME TOUTES SES ECOLES, UNIVERSITES ET CENTRES DE FORMATION PROFESSIONNELLE

A compter du vendredi 20 mars 2020, tous les établissements scolaires et universitaires, et tous les centres de formation professionnelle, publics, privés, laïcs et confessionnels sont fermés à 17h30 sur toute l’ensemble du territoire, et ce, jusqu’à nouvel ordre. La décision a été prise conjointement par les trois ministres en charge des enseignements.
Si elle survient quelques jours après une première mesure interdisant la tenue des activités culturelles dans les établissements scolaires ou de formation, la décision intervient surtout à la suite du diagnostic de nouveaux cas de contamination de Coronavirus (Covid-19) dans le pays.
Pour les ministres, elle répond ainsi au souci de préservation de la santé de la population. Ils exhortent dans ce sens chacun des acteurs du système éducatif au respect scrupuleux des mesures d’hygiène recommandées par les autorités compétentes, afin d’éviter la propagation du virus.
Les parents sont également invités à veiller au maintien de leurs enfants à la maison pendant cette période. « Tout contrevenant aux dispositions susmentionnées, sous quelque prétexte que ce soit, s’expose à la rigueur de la Loi », ont assuré Affoh Atcha-Dédji, Tairou Bagbiègue et Koffi Akpagana.
L’Université de Lomé a dans la foulée annoncé la suspension des cours et la fermeture de ses portes.
Dans le cadre des mesures envisagées par le gouvernement pour prévenir la propagation de l’épidémie du coronavirus, des dispositions complémentaires ont été prises : la fermeture pour deux semaines, à compter de ce vendredi 20 mars 2020 à minuit de toutes les frontières terrestres du Togo aux passagers. Cette mesure ne s’applique pas à la circulation des marchandises. Cependant le bouclage de certaines villes notamment Lomé, Tsévié, Kpalimé et Sokodé, à partir de samedi 21 mars 2020 à 06 heures, avec les contrôles stricts aux entrées à hauteur de Tsévié sur la route nationale N°1 ; du péage d’Aného sur la route nationale N°2 et d’Amoussou-Copé sur la route nationale N°5 entrainant des conséquences économiques.
L’interdiction jusqu’à nouvel ordre de la fréquentation par toute personne de la plage tout le long du littoral, la fermeture pour un mois, des lieux de culte, des églises et des mosquées, à compter de samedi 21 mars 2020 à 6h, les funérailles et les enterrements ne devront pas regrouper plus de 15 personnes et ce, jusqu’à nouvel ordre ; le port des masques de protection obligatoire pour tous les vendeurs dans les marches ; la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités culturelles et sportives de masse et la fermeture immédiate des discothèques sur toute l’étendue du territoire national font également parties de ces dispositions complémentaires. Toutes ces dispositions ont des effets négatifs sur l’économie nationale du fait que les marchandises en provenance du nord du pays arrivent difficilement à Lomé créant de la surenchère. Cette perturbation de l’économie se fait également ressentir dans la sous -région A cet effet les institutions financières apportent leur soutien aux Etats.

LA BCEAO ANNONCE DES MESURES POUR APPUYER LES ETATS-MEMBRES

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), vient d’annoncer de premières mesures pour appuyer le Togo et les 7 autres pays membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest), à faire face à la pandémie de Coronavirus, qui se répand de plus en plus vite dans la sous-région.
Huit mesures sont annoncées, dans un récent communiqué officiel. Ainsi, en vue de pallier les « graves conséquences sur l’activité économique et financière » engendrées par le covid-19, la Banque centrale va, dans un premier temps, augmenter de 340 milliards FCFA le montant accordé chaque semaine aux établissements bancaires (et qui s’élève donc désormais à 4 750 milliards FCFA). Ceci « afin de permettre à celles-ci de maintenir et d’accroître le financement de l’économie ».
DES MESURES POUR RENFORCER LES ENTREPRISES ET LE TISSU SOCIO-ECONOMIQUE DANS L’UEMOA
En deuxième mesure, la Banque centrale va élargir le champ des mécanismes à la disposition des banques pour accéder au refinancement à son niveau, et coter 1700 entreprises, jusqu’alors exclues de ce portefeuille. Ceci pour leur permettre « d’accéder à des ressources complémentaires de 1050 milliards et aux entreprises concernées de négocier et bénéficier de meilleures conditions pour leurs emprunts ».
Dans un troisième temps, il sera affecté 25 milliards FCFA au fonds de bonification de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), en vue de lui permettre à son tour d’accorder plus de prêts concessionnels et à de meilleurs taux, aux États-membres, dans le financement des « dépenses urgentes d’investissement et d’équipement dans le cadre de la lutte contre la pandémie ».
Par ailleurs, les banques sont incitées à utiliser ces fonds disponibles via le guichet spécial de refinancement des crédits accordés aux petites et moyennes entreprises (PME/PMI). Un guichet sans plafond, conçu pour le financement de ces petits acteurs dans l’Union.
Du reste, un cadre sera mis en place pour « accompagner les entreprises affectées par les conséquences de la pandémie et qui rencontrent des difficultés pour rembourser les crédits qui leur ont été accordés ».
BCEAO ENTEND ASSURER LA DISPONIBILITE EN MONNAIE PHYSIQUE ET ELECTRONIQUE
Des réductions de coûts des transactions de monnaie électronique sont également à l’horizon. En effet la BCEAO annonce mener des « négociations avec les entreprises d’émission de monnaie électronique ».
Du côté de la monnaie physique, les banques seront approvisionnées en billets « en quantité et en qualité suffisantes », pour assurer « un fonctionnement satisfaisant des guichets automatiques de banques »
Enfin, l’institution communautaire va organiser, au besoin, le réaménagement du calendrier d’émission des titres publics sur le marché financier régional, en prévision des besoins et perturbations possibles.

LA BOAD DEBLOQUE 15 MILLIARDS FCFA POUR SOUTENIR CHAQUE ETAT DE L’UEMOA

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) débloquera une enveloppe de 15 milliards FCFA à chacun de ses Etats-membres pour la lutte contre le Covid19 a indiqué le mercredi 25 mars 2020 un communiqué de presse de l’institution dont le siège est à Lomé.
Cette décision a été prise lors de la 116è session ordinaire du Conseil d’administration de la Banque tenue sous la présidence de Christian Adovelande, président du Conseil d’Administration et président de la BOAD. Cette session s’est déroulée en visio-conférence en raison des restrictions liées à la pandémie du coronavirus Covid19.
Concernant l’appui à apporter aux Etats membres dans le cadre de la lutte contre le COVID-19, et sur proposition du président de la BOAD, le Conseil d’Administration a décidé de l’octroi aux Etats membres de l’UEMOA de 120 milliards FCFA de prêts concessionnels (15 milliards par Etat) avec mise à disposition immédiate, bonifiés par le mécanisme de bonification abondé par la BCEAO pour un montant de 25 milliards de FCFA et la Commission de l’UEMOA pour un montant de 15 Milliards de FCFA. Le conseil a, par ailleurs, décidé de la suspension des appels d’échéances en capital pour un montant de 76,6 milliards de FCFA de créances dues par les Etats pour le reste de l’année, en vue de soutenir leurs ripostes à la pandémie du Coronavirus.
En outre, le Conseil d’administration a approuvé plusieurs dossiers de financement de projets dont le détail est diffusé dans un communiqué concomitamment au présent communiqué.
M. Adovelande a, au nom du Conseil d’Administration, remercié l’ensemble des parties prenantes pour leur mobilisation et réitéré le soutien de l’institution aux populations touchées ainsi qu’à toute la communauté scientifique à pied d’œuvre pour trouver une solution à la pandémie du Coronavirus.
L’UEMOA regroupe 8 pays de l’Afrique de l’Ouest à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
A la date du 31 mars 2020, le Togo dénombre 34 cas de Covid19, 23 cas actifs, 10 personnes guéries et 1 décès.

Ignace T.

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