AGRICULTURE : GOUVERNEMENT ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS PLANCHENT SUR LE FINANCEMENT DU SECTEUR

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AGRICULTURE : GOUVERNEMENT ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS PLANCHENT SUR LE FINANCEMENT DU SECTEUR

 

Les responsables des ministères de l’Economie et des Finances et celui de l’Agriculture, de la Production animale et halieutique se sont entretenus, le mercredi 3 juin à Lomé, avec ceux des établissements de crédit, sur le financement bancaire du secteur agricole. Cette réunion s’est déroulée en présence du directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Kossi Ténou et du directeur général du Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), Aristide Agbossoumondé.

 

L’objectif de ces assises est d’amener les banques à augmenter de façon substantielle le niveau de financement du secteur de l’Agriculture en vue d’assurer durablement sa croissance et dans l’immédiat de sauver la campagne agricole 2020-2021. Il est également question d’examiner avec les responsables des institutions financières, comment lever les obstacles à la mobilisation des fonds.

Selon les organisateurs, il s’est agi de s’assurer que le nouveau Code foncier facilite l’accès aux terres, de recourir temporairement à des mesures protectionnistes pour limiter les imports et exports de certains produits  agricoles pour développer davantage la production et la consommation locale. Pour eux, il urge de doter les coopératives agricoles d’une forme juridique, de promouvoir le développement des infrastructures en termes de production de l’énergie, de retenue d’eau, de transport, d’entrepôts de stockages et des unités de transformation. En ce sens, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo (APBEF) a préconisé d’organiser des rencontres entre acteurs des deux secteurs pour mieux se connaitre, créer des modèles/zones agricoles encadrées par l’Etat en vue d’encourager les jeunes à s’intéresser au secteur agricole.

« Le secteur agricole est sous-financé, malgré son importance dans le tissu économique et les actions initiées par le gouvernement. Les données disponibles indiquent qu’en 2019, seulement 0,2% du total des crédits bancaires a été accordé à ce secteur. Pourtant, il emploie 38% de la population active et contribue à 23% à la richesse totale créée dans le pays », a indiqué le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Badanam Patoki.

Pour le directeur national de la BCEAO, Kossi Ténou la mise en place du MIFA par l’Etat togolais doit encourager les banques à accroitre leur financement. « Lorsqu’on prend le chiffre de 2019, nous sommes environ 5% de financement de crédit bancaire au secteur agricole. C’est dire donc qu’il y a un effort qui est fait par les banques, mais cet effort demeure toujours insuffisant par rapport aux besoins énormes du secteur », a-t-il souligné.

Quant à la présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo (APBEF), Mme Odile Affonyo l’offre de financement agricole reste peu adaptée à la nature systémique des besoins de financement de l’agriculture et peine à couvrir ceux-ci qui sont d’ailleurs mal cernés. Selon elle, les principales difficultés pour lesquelles, il est difficile de financer l’agriculture restent entre autres, la méconnaissance du secteur agricole par les banques et certains organismes de financement, les difficultés à retracer la chaine de valeur agricole, le manque de collaboration entre tous les acteurs de la chaine de valeur, la non maîtrise des secteurs et du cycle de production agricole, et la question de la rentabilité ou encore l’absence de professionnalisation et d’organisation des filières agricoles.

Pour le directeur général du MIFA, Aristide Agbossoumondé son institution même constitue une garantie puis qu’elle travaille déjà sur un certain nombre de contraintes rencontrées par les banques dans le secteur agricole. « Le MIFA travaille sur le terrain à organiser les producteurs en coopératives, leur donne des formations et les assiste sur le respect des itinéraires techniques. Notre institution travaille également avec les banques sur l’évaluation et l’analyse des dossiers dans le suivi, ce qui constitue de l’expérience pour elles. Des dispositions sont prises pour développer l’assurance agricole dans le secteur pour contrer les aléas climatiques », a-t-il mentionné.

En effet, dans le contexte actuel marqué par la pandémie de la COVID-19, le gouvernement a mis en œuvre un plan de riposte du secteur agricole, en vue d’éviter à la population de basculer dans l’extrême pauvreté. Ainsi, pour cette campagne agricole 2020-2021, le gouvernement a décidé d’octroyer des crédits intrants à taux d’intérêt nul pour les cultures de coton, soja, maïs et du riz, 15000 kits d’irrigation à base du système de pompage solaire et de développer la mécanisation. Les acteurs bénéficieront aussi de bourse agricole et alimentaire pour la gestion des flux de produits agricoles et de matières premières pour alimenter des unités de transformation et les marchés urbains ainsi que pour faciliter le déploiement des kits alimentaires par les plateformes de e-commerce, entre autres.

                                                                                                Daniel H.

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