33e SOMMET DE L’UNION AFRICAINE : L’ORGANISATION VEUT DAVANTAGE ŒUVRER A LA RÉSOLUTION DES CONFLITS SUR LE CONTINENT

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La 33e session ordinaire de l’Union Africaine tenue les 9 et 10 février 2020 dans la capitale éthiopienne, Adis-Abeba entend s’impliquer davantage pour une résolution plus franche des conflits sur le continent. Le chef de l’Etat togolais a été représenté par le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey.

Les travaux se sont déroulés autour des multiples crises en Libye, au Soudan du Sud, en Centrafrique, au Mozambique ou encore au Cameroun, et de la question du terrorisme.
Retour sur les trois temps forts du sommet. Tout d’abord, les premiers mots du nouveau président de l’UA, Cyril Ramaphosa à la tribune : « Nous allons concentrer notre travail sur la résolution des conflits. Le président sud-africain annonce deux sommets au mois de mai à Pretoria. Le premier sur la sécurité, le second sur la zone de libre-échange continentale.
Le second temps fort est la colère du président de la commission, Moussa Faki Mahamat, sur l’absence de solidarité des pays africains envers les Etats menacés d’effondrement sous les coups des djihadistes. « C’est déconcertant », a-t-il lancé aux chefs d’Etat présents.

Le troisième moment important est la déclaration du le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sur son soutien à l’initiative africaine sur la Libye. L’idée d’organiser un grand forum de réconciliation fait son chemin.

A l’ouverture des travaux, Moussa Faki Mahamat a appelé à assortir l’action militaire, au combat contre les causes profondes des conflits comme la pauvreté ou l’exclusion, suggérant par la même occasion des « solutions africaines aux problèmes africains ».

En marge de la 33e session ordinaire les Etats membres se sont réunis pour échanger sur le Premier rapport continental sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063.

Le sommet de l’Union africaine de janvier 2013 a adopté l’Agenda 2063 comme plan directeur et schéma conducteur de l’Afrique pour le développement durable et la croissance économique du continent.

L’Afrique s’est engagée dans ce programme de développement sur 50 ans en l’intégrant et en le mettant en œuvre dans des stratégies de développement nationales et régionales, obtenant un résultat global de 32 % par rapport aux objectifs de l’année 2019.

Ce premier rapport est une évaluation factuelle des avancées réalisées à l’échelle nationale et continentale.

RAMAPHOSA PREND LES RENES DE L’UA
Le président Cyril Ramaphosa est désormais le nouveau président de l’Union africaine (UA). Dimanche 9 février, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a passé le témoin à son homologue sud-africain lors du sommet de l’UA à Addis-Abeba en Ethiopie.
A la tête de l’organisation pour les 12 prochains mois, Cyril Ramaphosa a déjà annoncé les couleurs de son mandat. L’intégration économique et la sécurité devraient être les principaux points de l’agenda du dirigeant de la nation arc-en-ciel.

A cet effet, le chef d’Etat sud-africain a annoncé l’organisation de deux sommets en mai prochain à Pretoria en Afrique du Sud. Le premier devrait porter sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) lancée l’année dernière, et prévue pour créer un marché unique de 1,3 milliard d’habitants sur le continent africain. Le second quant à lui, devrait porter sur des questions de sécurité alors que ces dernières années, le continent a enregistré une résurgence importante de nombreux conflits.
« L’Afrique du Sud accueillera un sommet extraordinaire au mois de mai prochain pour travailler sur les questions de paix et sécurité en Afrique. Nous Africains, devons-nous attaquer au conflit et lutter contre le terrorisme qui fait tant de mal à nos pays, dans le Sahel, la corne de l’Afrique et même en Afrique australe », a indiqué le chef d’Etat.
Pour rappel, la présidence de l’Union africaine est tournante pour un mandat d’un an. En 2021, la prochaine présidence sera assurée par Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC).

LE TOGO ACCUEILLERA LE 1er « FORUM ÉCONOMIQUE DES DIASPORAS AFRICAINES »
Dans le cadre du 33e Sommet de l’Union africaine, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur, Pr Robert Dussey, a présenté le 10 février une communication au nom du Togo portant sur le lancement de la « Décennie des Racines et des Diasporas africaines ».
Cette initiative togolaise, « Cadre de Lomé », a pour ambition de mettre en place une plateforme de préparation et de promotion des projets, des initiatives et des événements portant sur les racines et les diasporas africaines et vise principalement à :proposer une programmation périodique présentant les événements par pays et les opérations phares; offrir une vitrine internationale aux projets portés par les différents pays ;assurer la coordination et la mise en cohérence des actions proposées ;mobiliser les participants pour les évènements proposés par les différents pays.
Le ministre Robert Dussey a souligné, lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, le caractère inclusif du Cadre de Lomé visant à regrouper et à fédérer les initiatives en vue de renforcer le rôle et les contributions des personnes de racines africaines et des diasporas au développement économique du continent.
Après la communication du ministre Robert Dussey au Sommet de l’Union Africaine, une grande majorité de pays a adhéré à l’initiative togolaise et la Présidence de l’Union Africaine a tenu à réaffirmer l’importance de la question des racines et des diasporas africaines. Un consensus s’est dégagé sur la mise en place d’un Comité de haut niveau pour préparer le contenu et les conditions de mise en œuvre de cette plateforme panafricaine.
Un appel à propositions de projets ouvert à tous les pays africains est prévu pour le recensement, l’étude et la sélection de projets pouvant être inscrits dans l’Agenda continental de la Décennie des Racines et des Diasporas africaines.
À travers ce cadre innovant de coopération entre pays africains, il s’agit de mieux impliquer les africains de l’extérieur et de renforcer les liens entre les afro-descendants, les communautés de racines africaines, les diasporas et leur continent, “terre mère”, l’Afrique. L’objectif est de faire des diasporas africaines des acteurs stratégiques du développement de l’Afrique.
A ce titre, le Togo, prépare le premier « Forum Economique des Diasporas Africaines » faisant ainsi de Lomé, la capitale des racines et des diasporas africaines.

Ignace T.

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